Cook the Black Dog

Quand tout est trop, trop lourd, trop sombre, juste trop.

On bataille toutes comme on peut.

Et parfois, on bataille en préparant des légumes. C’est précis, répétitif, connu sur le bout des doigts. Tu es exactement là : là, ce couteau qui coupe, à la bonne taille, comme s’il savait ce qu’il faisait.

Là, faire chauffer. Verser. Humer. Mélanger. Refaire les gestes connus, quelque soit la recette. Retrouver les sensations et rester uniquement là : en suspension, dans ta bulle, où seuls comptent les étapes de ce que tu prépares.

Oui, parfois, c’est ta façon de tenir debout, accrochée à ta cuillère en bois. Les gestes s’enchaînent, font naître une chaleur. Tu ne t’arrêtes pas. C’est long et c’est bien ainsi. Tu es emmitouflée dans ta cuisine.
Tu n’es là pour personne.

A la fin, tu es fatiguée. Tu poses sur la table ta casserole ou ton gâteau. Tu regardes par la fenêtre. Tu n’as pas vu le temps passer. Quelque chose, à l’intérieur, bat plus juste et plus léger.

Tu peux goûter.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bozu dit :

    J’aime tes petits mots, ils sont touchants et si vraie…
    Je m’absente 1 semaine, à bientôt
    Avec toi par la pensée, Bisous …

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  2. Aldalarann dit :

    C’est tellement juste. Si pudique mais si familier.

    J'aime

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